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Des vagues successives d’envahisseurs s’étaient établies dans les steppes de la Russie méridionale - Scythes, Sarmates, Goths, Huns, Avars, Khazars - tandis que les Slaves orientaux venus des Carpates se répandaient sur ces territoires.
Aux VIII et IX siècles, des Varègues entrent en relations commerciales avec les Bulgares de la Volga, les Khazars et l’Orient musulman. Puis ils découvrent l’itinéraire allant de Novgorod à Constantinople par Dniepr. Ils fournissent aux Slaves des mercenaires, des chefs militaires et, à partir des années 860, la dynastie des Riourikides, qui préside à la formation de la Russie kiévienne.
 Les Preux.
Kiev devient la capitale du premier Etat russe (fin du IX-XII siècle), au sein duquel s’opère l’unification des Slaves orientaux. Grâce aux conquêtes de Sviatoslav (de 964 à 972), de Vladimir I-er le Grand (de 980 à 1015) et de Iaroslav le Sage (de 1019 à 1054), l’Etat kiévien a accès à la mer Noire et acquiert de nouveaux territoires à l’ouest (Volhynie) et au nord-est (vallée de l’Oka).
En relation étroite avec Byzance, Kiev adopte la christianisme ( à 988 ). La constitution d’une Eglise nationale, qui suit le rite slavon introduit par les Bulgares, renforce la cohésion de la nation. Le développement des relations commerciales avec les pays scandinaves, l’Occident, Byzance et l’Orient musulman favorise l’essor des villes. Celles-ci possèdent un conseil municipal, la vetché, institution qui ne conservera un pouvoir étendu qu’à Novgorod. La majorité de la population est constituée de paysans libres (smerde) possédant le terre collectivement (zadrouga [famille élargie], ou communauté rurale). Les boyards forment la classe supérieure.
Au XII siècle, la principauté de Kiev, affaiblie par les querelles dynastiques, ne peut plus assurer la sécurité sur les territoires du Sud, attaqués par les nomades. Sa population émigre vers les terres du Sud-Ouest (principautés de Smolensk, Tchernigov, Polotsk, Pereïaslav, Galicie-Volhynie) et du Nord-Est (Mourom, Riazan, Rostov, Souzdal et Vladimir).
En Souzdalie, les colons russes se mêlent aux autochtones finnois : ainsi se forme, du XII au XV siècle, la principauté de Vladimir Souzdal connaît un essor remarquable, qu’illustre la floraison des villes nouvelles : Tver (Kalinine), Iaroslavl’, Moscou, Nijnii Novgorod (Gorkii).
Les mongols, qui conquièrent Vladimir en 1238 et Kiev en 1240, maintiennent leur domination sur la Russie pendant plus de deux siècles. Seule Novgorod, qui parvient à arrêter l’expansion germanique qui la menace (victoires d’Alexandre Nevskii, 1240 et 1242) ? demeure indépendante . Les princes russes doivent se faire confirmer leur autorité sur leur principauté par un iarlyk (charte) que leur accordent les khāns de la Horde d’Or.
 Après le combat d'Igor Sviatoslavovitch et des Polovets.
Les princes de Moscou vont, grâce à leur dynamisme et à leur politique habile à l’égard des Mongols, acquérir la suprématie sur les autres principautés russes, qu’ils rassemblent, de 1263 (avènement de Daniel Nevskii) à 1505 (mort d’Ivan III), sous leur autorité. L’Eglise, dont le métropolite s’établit à Moscou en 1326, favorise cette évolution. Les princes de Moscou dirigent la lutte contre les Mongols ( victoires de Dmitrii Donskoï [1380] et d’Ivan III [1480 et 1502]) et libèrent le territoire national. Ivan IV (de 1547 à 1584) élimine les khānats mongols de Kazan (1552) et d’Astrakhan (1556), annexe la région de la Volga et amorce l’expansion en Sibérie.
Dès lors s’instaure en Russie une monarchie héréditaire qui évolue vers l’autocratie. Après que Constantinople, qui avait souscrit à l’union avec Rome (1439), fut tombée aux mains des Turcs (1453), Moscou prend la relève et devient la «troisième Rome». Ivan III se considère comme un monarque de droit divin, protecteur de l’orthodoxie, et Ivan IV prend le titre de tsar en 1547.
La classe des boyards voit alors sa puissance brisée, tandis que se développe la nouvelle noblesse des pomechtchiki, dotée de terres de service (pomestie). Aux XV et XVI siècles, les paysans des domaines héréditaires (vottchina) des boyards et du clergé ou des terres de service sont encore libres de quitter leurs maîtres. Les codes de 1497 et de 1550 limitent cette liberté, qui ne leur est plus accordée qu’épisodiquement à partir de 1581. Après l’extinction de la dynastie riourikide (1598, mort de Fédor I-er) le régne de Boris Godounov (de 1598 à 1605) est suivi par le temps des troubles (1605-1613), au cours duquel l’Etat est menacé de désintégration totale.
Les premiers Romanov (Michel Fédorovitch [de 1613 à 1645] et Alexis Mikhaïlovitch [de 1645 à 1676]) travaillent à la restauration nationale, de même que la noblesse, les bourgeois des villes et le clergé, représentés par le Zemskii Sobor. Le code de 1649 précise l’obligation du service de l’Etat pour les nobles et fixe définitivement le paysan à le terre, faisant du servage une institution. L’Eglise aussi voit sa dépendance vis-à-vis de l’Etat s’aggraver au lendemain du schisme des vieux-croyants (raskol, 1666-1667) puis sous le règne de Pierre le Grand, qui supprime le patriarcat et institue un Saint-Synode dépendant directement de l’Etat. En 1667, à l’issue d’une très longue guerre avec la Pologne, la Russie se voit confirmer (traité d’Androussovo) la possession de l’Ukraine orientale.

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Pierre I-er le Grand (de 1689 à 1725) accède au pouvoir personnel après le règne de Fédor III (de 1676 à 1682) et la régence de Sophie Alekseevna (de 1682 à 1689) et prend le titre d’empereur en 1721. Il entreprend la modernisation et l’occidentalisation du pays, qui avait contracté un grand retard économique et culturel sur l’Occident pendant l’occupation mongole, mais avait renoué dès le XVI siècle, des relations avec les pays européens. Il fait de la Russie une puissance maritime (accès à la Baltique après l’aanexion de la Livonie, de l’Estonie, de l’Ingrie et d’une partie de la Carélie) – qu’il dote d’une nouvelle capitale : Saint-Pétersbourg -, et envoie Béring explorer le Kamtchatka. Anna Ivanovna ( de 1730 à 1740) s’empare d’Azov.
Sous Elisabeth Petrovna (de 1741 à 1762), les troupes russes entrent à Berlin (1760). Catherine II (de 1762 à 1796) atteint la mer Noire (1774, traité de Kutchuk-Kaïnardji), annexe le khānat de Crimée et une partie de la Moldavie. A l’issue des trois partages de la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie et l’Ukraine occidentale sont rattachées à la Russie. A la fin du XVIII siècle l’Empire russe est devenu une grande puissance européenne qui participe aux coalitions contre la France révolutionnaire et le premier Empire.
La culture a fait des progrès décisifs, grâce à l’élaboration d’une langue littéraire russe (travaux de Lomonossov, fondateur de l’université de Moscou [1775]), mais l’influence occidentale ne touche profondément que la noblesse. Celle-ci, en échange de sa soumission à l’absolutisme de l’Etat, a acquis in pouvoir absolu sur ses serfs. Des grandes révoltes paysannes, encadrées par les Cosaque, éclatent aux XVII et XVIII siècles. La plus grave est celle de Pougatchev (1773-1774).
 Pierre Ier le Grand.
Après la «guerre patriotique» de 1812, victorieuse de la campagne de Russie, les troupes russes participent à la libération de l’Europe. Alexandre I-er (de 1801 à 1825) reçoit au congrès de Vienne (1815) le royaume de Pologne et se fait confirmer la possession de la Finlande et de la Bessarabie. L’expansion se poursuit au Caucase avec l’annexion de la Géorgie (de 1801 à 1878) et de l’Arménie (de 1828 à 1878). L’influence russe grandit dans les Balkans, en lutte contre les Ottomans. Nicolas I-er (de 1825 à 1855) fait régner l’ordre en Europe et écrase les révolutions polonaise (1830-1831) et hongroise (1848-1849). Mais la désastreuse guerre de Crimée (1854-1855) va révéler les faiblesses internes de l’Empire.
Alexandre II (de 1855 à 1881) s’engage dans voie des réformes, que réclamait depuis longtemps l’opposition libérale, et le servage est aboli en 1861. Cependant, la condition paysanne s’aggrave dans la seconde moitié du XIX siècle : les paysans doivent racheter leurs terres en remboursant à l’Etat le prix du rachat qu’il leur a avancé, et payer de lourds impôts. Les parcelles attribuées par le mir à chaque paysan sont exiguës dans les régions du Centre, surpeuplées malgré le départ de nombreux colons pour la Sibérie ou l’Ukraine méridionale.
L’industrie absorbe pourtant une main-d’œuvre de plus en plus nombreuse : 600 000 ouvriers en 1860, 2 millions en 1897. Cependant, malgré les progrès des industries textile et alimentaire et la construction d’un bon réseau de voies ferrées (de 1860 à 1880), la révolution industrielle n’a lieu en Russie qu’après 1880. Les capitaux étrangers auxquels font appel Alexandre III (de 1881 à 1894), puis Nicolas II (de 1894 à 1917) permettent la mise en valeur des mines de l’Ukraine et du pétrole de Bakou, ainsi que la construction du Transsibérien (de 1891 à 1906). Un prolétariat durement exploité se constitue. A partir de 1885, les grèves sont fréquentes.
L'assemblé du Tsar Michel Fédorovitch avec ses boyards dans la salle du trône.
Le mouvement révolutionnaire, qui a pris naissance dans les années 1860 (nigilisme, populisme), se radicalise et a recours au terrorisme (assassinat d’Alexandre II) Le parti ouvrier social-démocrate, fondé en 1898, répand le marxisme parmi les prolétaires. Le parti social-révolutionnaire, fondé en 1901-1902, est partisan d’un socialisme agraire et une opposition modérée se développe au sein des zemstvos.
La politique expansionniste de la Russie en Asie (annexion de la région de l’Amour [1858], conquête de l’Asie centrale) se heurte en Mandjourie aux intérêt japonais. Les désastres de la guerre russo-japonaise (1904-1905) font éclater le mécontentement de toutes les couches de la population. La révolution russe de 1905 est écrasée en janvier 1906. Les libéraux, qui ont fondé le parti constitutionnel-démocrate, ont obtenu l’instauration d’une douma consultative. Cependant, les problèmes sociaux s’aggravent avec la différenciation grandissante entre le prolétariat agricole et la classe des paysans riches (les koulaks). Les grèves se multiplient à partir de 1912. Le parti bolchevik, fondé par Lénine, est discipliné et prêt à une lutte violente pour conquérir le pouvoir.
La Russie, qui s’est engagée dans l’alliance franco-russe depuis 1890 et s’est rapprochée de l’Angleterre (accord de 1907), est entraînée dans la Première Guerre mondiale. Les problèmes posés à la nation par l’état de guerre entraînent la chute de Nicolas II et le déclenchement de la révolution russe de 1917. Les bolcheviks, dirigés par Lénine, renversent le gouvernement lors de l’insurrection d’Octobre et instaurent le pouvoir des soviets. Où ils sont majoritaires.
 Le passage de Souvorov dans les alpes en 1799.
De 1918 à 1920, le nouveau régime se défend contre les armées blanches dirigées par Denikine, Koltchak, Ioudenitch et Wrangel. Il reconnaît l’indépendance de la Finlande, de la Pologne et des pays Baltes. La République socialiste fédérative soviétique de Russie ( RSFSR), créée en 1918, organise sur son territoire des Républiques ou régions autonomes en Crimée, au Caucase du Nord, dans l’Oural et en Asie centrale. En 1922, la RSFSR adhère à l’URSS. Constituant dès lors le centre de l’Union soviétique, la Russie joue un rôle fédérateur à l’égard des Républiques périphériques (au nombre de 14 depuis la Seconde Guerre mondiale), dans lesquelles l’emploi de la langue russe et l’établissement des Russes sont considérés comme les vecteurs de la consolidation des valeurs soviétiques. Cependant, après 1985, les aspirations à la démocratie se développent rapidement, entraînant une rupture avec le système soviétique.
 Le Portrait de Pavel Ier.
En 1990, le Soviet suprême issu des premières élections républicaines libres élit Boris Eltsine à sa présidence. Ce dernier, élu président de la République de Russie en 1991, s’oppose au putsch tenté contre M. Gorbatchev en août. Après la dissolution de l’URSS en décembre, la Russie adhère à la C.E.I, au sein de laquelle elle cherche à jouer un rôle prépondérant, et prend le nom officiel de Fédération de Russie. En 1992, la Russie succède à l’URSS comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’O.N.U.
En 1999, démission de Boris Eltsine et transfert des pouvoirs du président de Russie au président du gouvernement Vladimir Poutine.
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